BREST Bretagne Handball : le club de hand ball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

10.10.18 | Freinées dans leur élan

Le Brest Bretagne Handball a perdu le premier point de sa saison en enregistrant un match nul face à Besançon (28-28). Mal parties, bien relancées puis en difficulté pour conclure la partie, les Brestoises n’ont donc pas pu poursuivre leur carton plein mais, et ce n’est pas un détail, ont conservé leur invincibilité. Cette rencontre entre deux rendez-vous importants de Ligue des Champions avait tout du piège et le déroulé de la partie l’a confirmé. Mais ce demi coup d’arrêt était peut-être la meilleure préparation à l’énorme choc de samedi face à Rostov (15 heures à l’Arena).

Il s’est évertué à répéter à l’assemblée devant lui que le BBH n’avait pas perdu. Durant une conférence de presse plus longue et plus conventionnelle qu’à l’accoutumée, Laurent Bezeau n’a pas voulu cacher la moins bonne passe que traverse le Brest Bretagne Handball actuellement mais il a aussi souvent insisté sur ce match nul qui n’est pas une défaite face à des journalistes qui semblaient le considérer comme tel. À leur décharge, ces Rebelles avaient toujours eu la vie plus facile depuis le début de la saison et n’avaient pas encore connu une telle résistance. Avec le revers à Copenhague quelques jours auparavant, les Brestoises traversent en tout cas « un petit moment de tension nécessaire à la construction d’une équipe » selon les mots du coach.

Côté bisontin, on était très loin de voir ce partage des points comme un succès. « Ah non, ça n’a pas du tout le goût de victoire, tranchait directement Raphaëlle Tervel. Ça faisait cinq jours que je disais aux filles qu’on allait gagner à Brest, je le sentais, et on aurait dû le gagner ». Sans un coup de patte salvateur de Filippa Idéhn au buzzer sur un kung fu de Kolczynski, c’est en effet d’une défaite qu’il aurait fallu disserter. Mais dans la tête de la coach de l’ESBF, il y avait surtout ce temps mort posé à huit secondes de la fin alors que son équipe pouvait conclure une contre-attaque. « Je viens de faire la plus grosse connerie de ma carrière d’entraîneure, avouait-elle encore frustrée. Si j’avais vu que Chloé (Bouquet) était en position de tir… Ça nous coûte la victoire ».

Le coup aurait ainsi pu être parfait pour Besançon qui avait réussi à faire douter le BBH en seconde période à un moment où on ne s’y attendait pas vraiment. Alors que derrière une Ana Gros encore efficace et une Pauline Coatanéa impeccable, elle menait 22-16 (36e) et paraissait avoir la main sur le match, la machine brestoise allait soudainement se gripper. « On pouvait tuer ce match, on s’est mis dans une situation pas possible en ratant des tirs et des contre-attaques face à une formation accrocheuse et vaillante », regrettait Laurent Bezeau.
Sans se démunir donc, les Bisontines grappillaient leur retard avec un courage remarquable (25-25, 52e). « Au niveau de l’état d’esprit, c’est juste incroyable ce que les filles ont fait, s’enthousiasmait Raphaëlle Tervel. Il nous manquait des joueuses mais celles qui étaient là ont été héroïques. Elles ont été au niveau Ligue des Champions. Ça veut dire qu’il y a la capacité à être solidaires dans les moments difficiles ».

Et dans l’analyse de la championne du monde 2003, il y a sans doute également ce retard qu’avait pris sa formation à la pause malgré une entame plutôt réussie (17-12, 30e). En quinze minutes avant le repos, ses ouailles avaient pris la foudre face à un duo Pauline Coatanéa – Constance Mauny détonnant sur jeu rapide et auraient déjà pu lâcher le match. « Comme à notre habitude en ce moment, on avait mal débuté la partie, rembobinait Laurent Bezeau. On ne mettait pas les intentions défensives pour faire comprendre à nos adversaires que ça allait être compliqué. On avait pourtant bien récupéré le coup après et le +5 à la mi-temps était plutôt intéressant. Pour une équipe ambitieuse, le match aurait alors dû être plié ».

On l’a dit précédemment, le mano a mano instauré durant les cinq dernières minutes aurait très bien pu mal tourner mais les Rebelles pourront tout de même regretter d’avoir laissé filer trois points à leur portée et devant leur public. « Peut-être que les victoires du mois de septembre nous ont endormis, concluait Laurent Bezeau. Peut-être aussi que Copenhague a posé quelques doutes et sans que ce soit rationnel, on est en train de se créer des problèmes qui ne sont pas censés exister donc il va falloir les résoudre. On montre quelques difficultés en défense alors que c’était notre point fort, je vois également des performances individuelles en dessous de ce qu’on pourrait attendre. On est dans la difficulté mais cela fait partie de la construction d’un groupe ». Eh oui, le BBH a perdu un point, pas la guerre.

BREST – BESANÇON : 28-28 (17-12)
BREST : Darleux (g.), Idéhn (g.), Mauny (6), Tissier, Gros (9), Pineau, Copy, Gulldén (2), Prouvensier, Pop-Lazic (3), Stoiljkovic, Foppa, Coatanéa (8), Limal. Entr. : L. Bezeau.
BESANÇON : Frank (g.), Stangvic (g.), Bouquet (2), Kolczynski (1), Dupuis (8), Kieffer (1), Robert (1), Gonzalez (3), Granier, Faure, Touré, Kouyaté (7), Burlet, Lévêque (5). Entr. : R. Tervel.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)