BREST Bretagne Handball : le club de hand ball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

10.01.18 | Et la machine se mit en route…

Le Brest Bretagne Handball a sereinement disposé de Bourg-de-Péage ce mercredi (33-22) et empoché trois précieux points entre deux rencontres européennes. Il aura fallu un petit quart d’heure aux joueuses de Laurent Bezeau pour prendre la mesure de leurs adversaires et monter le niveau d’intensité de leur défense. La suite fut un régal pour les yeux.

Bourg-de-Péage a beau découvrir cette saison la LFH, il pouvait être légitime de qualifier cette confrontation de piégeuse car les Drômoises avaient montré depuis quelques matches de très gros progrès qui leur avaient permis de terrasser Issy Paris dans sa salle (s’il vous plaît) et de chatouiller les terribles Messines il y a quelques jours en terre péageoise. « Oui, j’avais une appréhension en raison des derniers résultats de Bourg-de-Péage et parce que notre dernière prestation à Nice n’avait pas été bonne, ne cachait pas Laurent Bezeau. Les indicateurs en début de partie me faisaient d’ailleurs penser que ça allait recommencer… »

Maladroites et dispendieuses, les Brestoises cafouillaient en effet leur handball et permettaient aux visiteuses de placer quelques banderilles (3-4, 7e). Alors allait-on avoir ce match compliqué que beaucoup craignaient ? Ceux qui mirent à ce moment un billet sur un scénario catastrophe n’ont heureusement pas fait fortune. Piquées au vif, les filles du BBH allaient en effet resserrer les rangs et remettre l’église au centre du village. Et après un court mano a mano (7-7, 17e), le festival pouvait commencer grâce à une défense impeccable, une Filippa Idéhn inspirée et de bonnes cannes qui allaient annihiler totalement la tentative de jeu à 7 des Péageoises (17-9, 30e).

« Brest au début n’a pas mis toutes ses occasions et notre gardienne a fait quelques arrêts, c’était alors très intéressant, débriefait l’entraîneur de BDP, Camille Comte. Ça nous a confirmé que quand les grosses équipes ne sont pas à leur meilleur niveau, on peut lutter. Mais quand Brest a mis la machine infernale en route, ça devenait trop difficile. Il y a de la déception parce qu’on n’a pas joué à la hauteur de ce qu’on sait faire, et Brest y est pour beaucoup ».

Avec un grand sérieux, les filles se sont appliquées a faire monter le plus haut possible cet écart à la pause mais même les huit buts d’avance au retour aux vestiaires laissaient l’entraîneur brestois sur ses gardes : « On est partis sur une dynamique et on essaye de développer un projet de jeu en prenant du plaisir. Et ce que je craignais à la mi-temps, c’était qu’on passe la suite à gérer et qu’on relâche en perdant du rythme. J’ai demandé le contraire aux filles et elles ont respecté ça. Je ne sais pas si vous avez vu l’ambiance encore dans l’Arena, un mercredi… On se devait d’être à la hauteur ».

De ce côté-là, il n’y eut pas grand chose à redire avec notamment un carnaval sur les ailes pour Pauline Coatanéa (6 buts) et Louise Sand qui creva l’écran, notamment en début de deuxième (4 bus consécutifs, total à 7). « Louise a un talent extraordinaire, commentait le coach brestois. Elle a de la vitesse, une main… Il faut juste qu’elle arrive à canaliser cela et à tenir le plus longtemps possible. Souvent, elle gâche ses énormes qualités par un manque de rigueur ou d’exigence. Ce soir en tout cas, c’était vraiment très intéressant ».

L’enthousiasme mis par toute l’équipe permit à l’écart de se stabiliser, flirtant longtemps avec les dix unités. Alors pour fêter cette barre enfin atteinte, Pauline Coatanéa servait Marta Mangué pour un somptueux kung fu qui fit se lever l’Arena (26-16, 46e). La suite ne fut qu’une formalité avec une participation collégiale de tout le groupe – qui était privé pour l’occasion de Cléo Darleux, Allison Pineau et Sophie Herbrecht -, une façon idéale de préparer un week-end qui s’annonce éreintant en Russie avec un long voyage aller-retour et une rencontre de haut niveau face à Kuban. « J’ai beaucoup fait tourner parce que j’essaye aussi de donner des responsaibilités à tout le monde, concluait Laurent Bezeau. Et quand je vois par exemple les buts que met Lindsay (Burlet) à la fin, c’est vraiment très précieux ». C’est donc une soirée tout bénéfice que le BBH a vécu, une vraie bulle d’oxygène au cœur d’un mois de janvier de tous les dangers. Prenons le temps de savourer.

BREST – BOURG-DE-PÉAGE : 33-22 (17-9)
BREST : Idéhn (g.), Quiniou (g.), Burlet (4), Coatanéa (6), Copy (2), Limal (1), Manach-Le Calvé (2), Mangué (4), N’Gouan, Pop-Lazic (3), Prouvensier, Sand (7), Stoiljkovic (2), Tissier (2). Entraîneur : L. Bezeau.
BOURG-DE-PÉAGE : Carretero (g.), Falcon (g.), Barthélémy (2), Boudard (2), Champion (4), Frécon (2), Janjic (3), Lombardo, Praly (3), Sow (2), Turpin (2), Vuillemot, Zivkovic (2). Entraîneur : C. Comte.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)