BREST Bretagne Handball : le club de hand ball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

08.03.17 | Une mauvaise habitude

Comme au match aller en Touraine, le Brest Bretagne Handball s’est incliné d’un but face à Chambray qui continue donc de lui jouer des mauvais tours depuis deux saisons. Les Brestoises ont eu le tort de tomber dans le faux rythme du CTHB qui n’en demandait pas tant pour les enquiquiner et les pousser à la faute. Une défaite qu’il faudra vite digérer d’ici samedi et le match de Coupe EHF à Rostov.

Il y a des soirs où ça ne veut pas, il y a aussi des adversaires contre qui ça ne passe pas. Puisque le sport ne cesse de vouloir nous mener vers l’irrationnel, prenons le contrepied et évitons de parler ici de bête noire ou de malédiction. Les chiffres seraient pourtant là pour appuyer cette théorie et les deux défaites et deux nuls enregistrés en deux saisons contre Chambray sont eux bien réels. Mais la raison des difficultés brestoises contre cette formation est certainement ailleurs. Guillaume Marques, l’entraîneur chambraisien, avouait, après les débats, avoir joué de ça avec ses filles, sans trop y croire forcément : « Il fallait essayer de les faire douter parce que tout le monde parle de chat noir et il y a sans doute eu un aspect psychologique mais par contre si c’est le cas, je ne l’explique pas vraiment. Peut-être que les Brestoises se sont dit qu’on leur portait la poisse… »

Battus d’un tout petit but début novembre en Touraine, les filles du BBH avaient forcément inscrit le mot « revanche » en haut de la pile du dossier Chambray avant la rencontre. Mais cela n’a pas suffi. « Quand il y a de belles équipes en face et que ça brille, on est présents, mais quand il faut mettre le bleu de chauffe, bizarrement on n’y est pas, lâchait amer Laurent Bezeau. On est fatigués mais à un moment, on va arrêter de se le dire parce que jamais personne n’est mort en jouant au handball. Il me semble qu’il vaut mieux avoir un match tous les trois jours que d’aller à l’usine ».

Extrêmement touché après cette quatrième défaite de la saison en LFH, l’entraîneur brestois avait pourtant eu l’impression que ses joueuses avaient pris les choses par le bon bout. Bien rentrées dans la partie, elles allaient « tranquillement » mener 8-4 (14e) sans donner l’impression d’être dans un mauvais soir. Oui mais voilà… « Je suis déçu parce que je ne suis pas convaincu que Chambray ait débuté la rencontre avec l’intention de vraiment la gagner, pourrsuivait Laurent Bezeau. En voyant l’investissement de l’adversaire, je me suis dit que si on faisait le boulot, c’était gagné. Mais à +4, on s’est mis à déjouer et à entrer dans le rythme des filles de Chambray qui ont découvert qu’elles pouvaient l’emporter ».

Ce faux rythme qu’évoque le technicien brestois a précipité la chute du BBH dans une partie qu’il a vu petit à petit lui échapper malgré un moteur offensif visiteur qui ne tournait principalement que sur deux cylindres (17 buts pour Boutrouille et Chebbah). « Il fallait qu’on perturbe Brest sur son jeu d’attaque, notamment sur les shooteuses, expliquait Guillaume Marques. On avait décidé de sortir très tôt dessus, quitte à laisser un peu d’espace au pivot. On a fait ce pari-là qui a été plutôt réussi et on a aussi fait un gros effort sur le repli pour éviter au maximum de prendre les buts sur grands espaces ».

Revenues à -1 à la pause, les Chambraisiennes allaient ensuite faire rapidement la course en tête durant le second acte, profitant des pertes de balle brestoises et des échecs aux tirs. « On est capables de défendre très fort devant toutes les équipes mais on doit être la plus mauvaise attaque du championnat, se lamentait Laurent Bezeau. À un moment-donné, il faut prendre des tirs si on veut marquer des buts ». Et quand ce fameux facteur psychologique fit son apparition à quelques minutes du gong, les Brestoises étaient à -3 (20-23, 56e), la mission avait tout d’impossible. Pourtant, la balle d’égalisation fut bien entre les mains des locales mais Pradel dans les buts paracheva son travail de sape entamé dès le début de la soirée en repoussant le tir de Stéphanie Ntsama Akoa (22-23, 60e).

« J’aime la tactique mais il ne faut pas oublier les valeurs de combat et d’engagement, concluait Laurent Bezeau. J’avais dit aux filles qu’il faudrait que nos adversaires ne se disent plus « tiens, on va à Brest, il y a un coup à jouer », on devait refaire peur et montrer de la détermination pour que les équipes aient la pétoche de jouer chez nous. Voilà la réponse qu’on a eu ce soir… » Ce deuxième accroc de la saison à domicile en championnat doit maintenant permettre aux Brestoises de se remobiliser avant les prochaines échéances très importantes. Dès jeudi matin, direction la Russie pour le quart de finale retour de Coupe EHF à Rostov (samedi à 15 heures) et la doublette Metz et Issy Paris à la fin du mois. On lève la tête et on repart !

BREST – CHAMBRAY : 22-23 (12-11)
BREST : Darleux (g.), Adelin (g.), Toublanc, Tissier, Geiger (6), Durand, Le Hir (1), Copy (3), Pineau (2), Prouvensier (1), Tizi-Sadki, Ntsama Akoa (5), Limal (2), Mangué (2). Entraîneur : L. Bezeau.
CHAMBRAY : Pradel (g.), Jubault (g.), Mauny (3), Alberto (1), Boutrouille (9), Herbrecht (2), Asperges, Baudouin, Bekono, Chebbah (8), Bruni, Thomé, De Sousa. Entraîneur : G. Marques.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)