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06.10.17 | Frédéric Bougeant : « On n’a pas le couteau sous la gorge »

Arrivé aux commandes de Rostov il y a près d’un an, Frédéric Bougeant dirige aujourd’hui une véritable armada qui a l’an passé réalisé un remarquable triplé en décrochant la Coupe EHF, le championnat et la coupe russes. S’il précise qu’un titre en Ligue des Champions n’est pas forcément espéré tout de suite par les dirigeants du club russe, son équipe fait partie des grandes favorites pour le Final Four. Le BBH va donc pour sa première en Ligue des Champions connaître déjà ce qui se fait de mieux sur le continent.

« Est-ce que ça fait du bien de voir débarquer une équipe française dans la lointaine Russie ?
- J’étais en France il y a quelques jours pour la semaine internationale ! (rires) Mais c’est sûr que ça fait plaisir d’accueillir Brest, un club que j’aime beaucoup. Maintenant, on est sur une compétition exigeante avec des objectifs élevés donc on doit absolument mettre l’affectif de côté.

- Comment s’est passée la préparation estivale ? À la manière française ?
- Je n’ai pas fait ce que je faisais en France parce que je ne dispose pas des mêmes moyens. On a beaucoup voyagé, ça nous a d’ailleurs certainement coûté cher début septembre en championnat. On s’est moins concentrés sur la ligue russe et sur la façon dont on doit jouer cette compétition. On s’est préparés avec l’idée d’arriver en forme début octobre. Si j’avais voulu être au top début septembre, on aurait fait moins de déplacements. Là, ça a consisté en un stage de dix jours en Allemagne, un match à Bucarest, quelques jours en Grèce et un tournoi en Macédoine. On est partis tout l’été. C’était plus en mode football, comme une tournée.

- Rostov doit assumer des objectifs élevés. Le seul moyen de faire mieux que la saison dernière est donc de gagner la Ligue des Champions ?
- Non, on n’est pas là-dedans. On est surtout dans la confirmation au niveau national. Rostov n’a pas été champion deux ans de suite depuis longtemps. C’est un club qui veut être champion national tous les ans pour jouer la Ligue des Champions chaque année et la gagner un jour. On veut le titre européen mais on ne le veut pas absolument tout de suite, on n’a pas le couteau sous la gorge.

- Le championnat de Russie est si dur à gagner ?
- Attention, il y a une grosse concurrence ! Beaucoup de gens disent que ce championnat n’est pas fort. Astrakhan et Lada (Togliatti) sont par exemple pourtant deux formations qui seraient très compétitives en France et pourraient aussi disputer la Ligue des Champions. Après, c’est vrai qu’il y a un fossé avec les trois ou quatre dernières équipes au classement qui n’ont pas de moyens financiers et alignent des joueuses très jeunes, se déplacent en car… C’est sans doute moins homogène que la France mais je rappelle quand même qu’on a été cueillis déjà deux fois à l’extérieur le mois dernier. On veut donc prendre le pouvoir ici et le garder.

- L’équipe a en tout cas peu changé depuis la saison dernière…
- J’aurais aimé apporter quelques changements supplémentaires parce que je pense qu’on a besoin de rajeunir le groupe mais la stabilité n’a pas de prix et Rostov est un club familial. Ça aussi, c’est une dimension opposée à ce qui peut se dire au sujet du côté brillant et paillettes de Rostov. Quand on est à l’intérieur, on n’a pas ce ressenti. Il y a des moyens mais ici ils n’oublient pas d’où ils viennent. Certaines filles sont là depuis 14 ans, c’est quand même quelque chose de rare.

- Qu’est-ce que le groupe aura de plus cette saison ?
- L’année dernière, on a joué pendant six mois avec 25 ou 30% de l’équipe blessée. On a essayé de rééquilibrer l’effectif sur des postes où on avait eu des petits soucis. On a pris Bulatovic sur le même poste que Vyakhireva pour obtenir des solutions supplémentaires. On a aussi souhaité renforcer nos ailes avec des joueuses russes. On a stabilité le poste de pivot et la ligne arrière. Et enfin on a remplacé Lunde par Pessoa dans les buts.

- La Ligue des Champions pour Brest, c’est une grande première. Est-ce que vous vous méfiez de cette opposition ?
- On se méfie toujours de tout le monde. La première rencontre est toujours particulière. Brest va avoir envie de se faire plaisir et arrivera libéré. J’imagine que c’est le discours que Laurent aura avec ses filles. On étudie le BBH depuis la mi-août. On est en mode vigilance tout le temps. Quand tu veux chercher la stabilité et que tu es soit disant une grande équipe, tu dois essayer de prévenir les accidents en permanence. On a fait des choix en septembre et on va maintenant pouvoir démarrer la Ligue des Champions au complet, ça n’a pas de prix ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)