BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

06.04.19 | Elles connaissaient le chemin

Pour la troisième fois en quatre ans, le Brest Bretagne Handball a décroché son billet pour la finale de la Coupe de France à l’AccorHotels Arena de Bercy. Une performance en soi mais les Brestoises ont dû batailler soixante minutes durant pour écarter définitivement une formation de Celles-sur-Belle remarquable (27-24). Réellement dans le dur en première période, les Rebelles ont ensuite su élever leur niveau défensif pour renverser la partie dans le money time. Bercy était à ce prix !

Elles vont commencer à y prendre goût. La Coupe de France et les Brestoises, cela commence à tourner à l’idylle longue durée. Il y avait eu la découverte en 2016, la confirmation en 2018 et que dire de cette nouvelle qualification pour la grand-messe du handball le 25 mai à l’AccorHotels Arena ? Au bout d’une saison mouvementée (cette finale en sera quoi qu’il arrive le dernier match), pouvoir revoir Bercy est tout de même le signe que tout ne va pas si mal au BBH, malgré tout ce qu’on peut lire ou entendre à droite à gauche. On ne sait pas encore ce qu’il adviendra des performances de l’équipe durant les play-offs, qui débuteront dans deux semaines à Chambray, mais on ne pourra pas non plus enlever aux filles cette possibilité d’aller chercher un titre dans la capitale. Cette finale sera ni plus ni moins que la quatrième nationale depuis l’accession du club en LFH. Elle pourrait même être la cinquième si d’ici là les Brestoises disputent celle du championnat. Pas mal, non ?

Mais si la finalité, rejoindre Bercy, devient donc une habitude, le parcours a lui été bien différent cette fois. Alors que le BBH avait arraché son ticket deux fois face à Metz au prix de véritables exploits, il a cette fois dû parvenir à ramener à la raison une formation de D2, Celles-sur-Belle, débarquée à Brest totalement décomplexée. Le piège était tendu et il s’en est fallu de peu pour que Brest y mette les deux pieds. « Pour le BBH, ce n’est jamais facile ce genre de rencontre, avouait Pablo Morel, le coach cellois. Il avait toute la pression, tout à perdre. On a vécu un scénario auquel on été préparés, on l’avait en tête. Je ne suis pas étonné par mon groupe parce que je sais de quoi il est capable. Il y a donc de la fierté mais aussi de la déception parce qu’on n’était qu’à 15 minutes de Bercy ».

Peut-être même un peu moins tant les Brestoises ont pris le temps avant d’abord d’égaliser (23-23, 54e) puis de prendre l’avantage (24-23, 56e). Sladjana Pop-Lazic et Ana Gros étaient passées par là et l’explosion de joie de l’Arena était à l’image du soulagement de tout un peuple et l’occasion pour la première fois de la rencontre de complètement éteindre la colonie celloise ayant fait le déplacement. Car le HBCC n’avait pas ramené qu’une équipe enthousiaste, il avait aussi déplacé une colonie sur la même longueur d’ondes. « Ce qu’on a vécu là, on le vit depuis six mois déjà et ça donne du sens à tout notre travail, poursuivait Pablo Morel, aussi déçu du résultat que fier de son club. C’est fantastique de connaître ça avec ces supporters et ces bénévoles. C’est aussi pour ça que tous les week-ends, les filles se dépouillent ».

Formule gagnante à en croire les chiffres puisque les Deux-Sévriennes étaient invaincues depuis 16 rencontres. Rien que ça. « Attention, il ne faut pas oublier que Celles est une très belle équipe, bien rôdée, avec d’excellentes joueuses » se plaisait d’ailleurs à rappeler Laurent Bezeau.
Et ce n’était surtout pas le scénario du match qui allait contredire ses propos. Profitant d’une attaque brestoise défaillante et de largesses défensives, les Celloises avaient ainsi réussi à repousser les Brestoises à 7 longueurs à quelques minutes du repos (8-15, 26e), s'appuyant également sur une gardienne, Hicquebrant, en état de grâce. Stupeur et effroi avaient alors pris possession des lieux. « Oui mais je leur ai dit à la mi-temps de ne surtout pas s’affoler, expliquait Laurent Bezeau. Nos adversaires avaient mis en première mi-temps l’accent sur l’agressivité et le combat, on pouvait aussi le faire. On a essayé en plus de revisiter certains aspects tactiques parce que leur défense, très belle, était aussi mécanique. Une fois qu’on avait identifié les failles, il fallait mettre en place des choses pour la contourner ».

Dont acte. Les Rebelles allaient faire la deuxième période qu’on attendait d’elles tout en n’oubliant pas de ménager le suspense. Plus agressives en défense, plus malines en attaques, elles retournaient la partie petit à petit (15-18, 36e ; 20-22, 56e). « On s’en veut sur les détails qu’on n’a pas su relever, regrettait Pablo Morel. J’aurais aimé qu’on gère mieux quelques ballons et qu’on puisse tenir jusqu’à la fin ».
Un peu plus d’expérience, un peu plus de physique peut-être, un peu plus d’habitudes d’enchaîner les rencontres, c’est sur de petits points que le Brest Bretagne Handball a ainsi sauvé l’essentiel ce samedi. « Avant le match, j’avais rappelé aux filles l’histoire de Brest d’il y a 3 ou 4 ans, concluait Laurent Bezeau. Celles était cette fois dans notre peau, dans celle d’un chasseur de clubs de Division 1 ». Ils étaient certainement nombreux les supporters à y avoir pensé à la mi-temps quand Celles-sur-Belle menait encore de 5 buts. Et au moins autant à s’être sentis soulagés que l’histoire, du moins celle-là, ne se répète pas. Pour le reste, eux aussi connaissent le chemin. Direction Bercy !

BREST – CELLES-SUR-BELLE : 27-24 (11-16)
BREST : Quiniou (g.), Pouchart (g.), Mauny (2), Toublanc (3), Tissier (1), Gros (8), Copy, Prouvensier, Pop-Lazic (7), Stoiljkovic (1), Bak, Coatanéa (4), Limal (1), Mangué. Entraîneur : L. Bezeau.
CELLES-SUR-BELLE : Hicquebrant (g.), Bouslimi (g.), Chalet, Briemant (2), Stevin (5), Dorp (3), Guirassy (2), Lepere, Chauveau, Sagna (3), Diharce, Petiot (4), Cauly (2), Topic (3). Entraîneur : P. Morel.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)