BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

05.10.18 | Laurent Bezeau : « S’il suffisait d’additionner des talents… »

C’est ce samedi que le Brest Bretagne Handball plongera pour la deuxième fois dans le grand bain de la Ligue des Champions. Après une première aventure pavée de six défaites mais enrichissante, les Brestoises, avec une formation renforcée, espèrent forcément faire mieux cette saison. Le coach Laurent Bezeau, très concentré sur la première confrontation contre Copenhague (13h45, en direct sur beIN Sports) rappelle encore toute l’exigence qu’il faut pour exister à ce niveau et explique pourquoi certains observateurs ont tort de s’enflammer déjà.

« Laurent, est-ce un premier temps fort dans la saison ?
- Oui dans le sens où un match de Ligue des Champions, on l’a vécu la saison passée, c’est quelque chose de difficile à appréhender, surtout à l’extérieur. On est dans un environnement qu’on ne maîtrise pas. Nos débuts dans cette compétition n’ont été constitués que de défaites donc on est à la recherche d’un premier succès.

- Est-ce que l’expérience de la saison passée va beaucoup servir ?
- Sur des aspects sportifs, oui, notamment la façon de mieux appréhender le jeu nordique qui consiste en un engagement physique total, de la vitesse, de l’intensité et un enchaînement permanent. C’est un exemple mais on sait aussi que si on veut réussir à faire quelque chose globalement, les clés sont autant sportives que logistiques. On joue à des heures inhabituelles, dans des environnements souvent compliqués, l’arbitrage est différent… On doit donc mieux se préparer.

- Tu considères que c’est à chaque fois un saut dans l’inconnu ?
- Non pas systématiquement parce que Rostov, par exemple, on commence à connaître. Mais il a fallu y aller pour savoir. On doit vraiment progresser sur les aspects organisationnels et logistiques. Peut-être que dans ce domaine, on n’est pas encore au niveau du sportif.

- Sportivement, on est plus proche d’une première victoire cette saison ?
- J’ai grande ambition d’aller au Main Round mais la question est avec combien de points ? Soit on y va pour voir ce que c’est, soit on essaye d’y jouer un rôle majeur. Tu te rends compte que peut-être que le moment le plus important, c’est le premier tour.

- Le club manque-t-il encore de renommée ?
- Je pense qu’un ensemble d’acteurs du handball européen évoquent le BBH et l’image du club commence à rayonner de par notre capacité de structuration et notre Arena qui représente quelque chose par l’ambiance et ce qui y est proposé. On a aussi des joueuses expérimentées et reconnues et ça, les gens le voient. Il faut maintenant que ça se concrétise.

- Que répondrais-tu à ceux qui envoient déjà le BBH au Final Four cette saison ?
- Ça me fait rigoler. On a connu ça à moindre échelle en France par le passé. Je suis lucide sur l’ensemble des éléments qu’il faut pour y être. Certaines équipes ont des années et des dizaines de matches derrière elles et n’y sont pourtant jamais allées. Comme je l’ai dit auparavant, il faut prendre en compte le sportif, l’arbitrage, la logistique, les déplacements. On est toujours en apprentissage et s’il suffisait d’additionner les talents, d’autres auraient sûrement réussi avant nous. On est sur de l’humain donc il faut trouver une alchimie, une dynamique, un mouvement positif. On est aujourd’hui dans une poule qui peut nous permettre de penser qu’on a des chances de passer mais là encore, on va tomber sur des équipes qui ont des années d’expérience.

- Un dernier mot sur le premier adversaire, Copenhague…
- Ça a été compliqué d’obtenir quelques images. Ce qui est marrant, c’est qu’en France, on a une plateforme mise en place par la LFH, et importante pour le handball de haut niveau, mais tous les pays européens ont craqué le système et ont nos matches comme ils veulent. Pour nous, à l’inverse, c’est dur de dénicher quelque chose. Mis à part cela, Copenhague, c’est la représentation du handball scandinave. Il y a des internationales danoises, suédoises, norvégiennes ou même hollandaises. Le point fort, c’est la circulation de balle, l’engagement total de façon permanente. Les temps faibles contre ces équipes peuvent être rédhibitoires ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)