BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

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05.08.16 | Élodie Manach-Le Calvé : « Mes journées seront bien occupées »

Quand la vie de famille vous fait du pied, il est souvent difficile d’y résister. Même pour une sportive professionnelle. Joueuse emblématique du club depuis plusieurs saisons, Élodie Manach-Le Calvé (26 ans) a décidé de vivre sa parenthèse enchantée et mettra au monde un bébé au mois de février. Si elle ne foulera pas le parquet cette saison, elle passera tout de même pas mal de temps du côté de l’Arena et ne manquera pour rien au monde un match de ses copines. La seule chose qu’elle devra oublier provisoirement, c’est le petit verre de rosé pour fêter les victoires avec les supporters. Et ils ne lui en voudront probablement pas.

« Élodie, tu as une bonne et une mauvaise nouvelle pour les supporters…
- Oui, je ne jouerai pas de la saison mais c’est pour un nouveau projet : devenir maman dans quelques mois ! C’est prévu pour début février.


- Malgré ta carrière professionnelle de handballeuse, tu gardais ça dans un coin de ta tête ?
- Oui et je pense que c’était le moment. Je commençais à avoir hâte que ça arrive. J’ai un âge qui fait aussi que ce ne sera qu’une pause dans ma carrière et pas un arrêt définitif. Le club était prévenu et au courant que c’était susceptible d’arriver. J’ai voulu faire les choses bien.


- Tu as calé quelque chose avec le BBH à ce sujet ?
- Comme mon contrat finissait en juin 2017, la question concernait l’après-naissance. Tout est fait pour que j’essaie de revenir au moins au niveau qui était le mien avant cet arrêt.


- Es-tu convaincue au fond de toi que tu vas parvenir à revenir au même niveau qu’avant cette coupure ?
- Ah oui ! Et avec sans doute aussi une nouvelle façon d’aborder ce métier, davantage de sérénité aussi sûrement. Le plus dur sera la partie physique mais des gens seront là pour m’accompagner.

- Est-ce qu’on se pose beaucoup de questions au sujet d’une période comme celle-là quand on est sportive professionnelle ?
- La première appréhension concerne la mise à l’écart du terrain sur un temps aussi long. Je n’ai jamais eu de grosses blessures, j’ai rarement arrêté plusieurs semaines. Je vais devoir faire preuve de patience au début et ensuite la deuxième partie sera la gestion de la rééducation et la remise en forme. C’est vraiment tout nouveau pour moi.


- Ce n’est pas plus dur encore de se dire qu’on fait une pause après une saison comme celle que le groupe a vécu ?
- C’est sûr qu’il y avait moyen de découvrir la LFH et la Coupe d’Europe… Mais j’étais tellement dans la suite logique de mon projet de femme et ma vie de famille à côté… J’en avais tellement envie que c’était maintenant qu’il fallait le faire.


- Quel va être ton programme d’ici à l’accouchement ?
- Je vais peut-être pouvoir apporter un autre œil aux filles et échanger avec elles. Je pense que je vais rester autour du groupe. J’aurai aussi d’autres choses à côté comme continuer à m’occuper des petits du club, les -9 et -10, poursuivre les TAP (temps d’accueil périscolaire) dans les écoles. Et on est aussi en train de monter un projet avec Camille Rassinoux pour proposer une pratique sportive aux personnes en situation de handicap. Mes journées seront bien occupées.

- Est-ce que ce temps en retrait peut aussi te permettre d’apprendre d’autres choses du handball ?
- Oui et j’ai déjà pu m’en apercevoir en observant des entraînements et en en discutant avec Larbi (Kiker) et Romain (Corre). Quand on est sur le terrain, on a parfois l’impression de bien faire les choses alors que ce n’est pas le cas. C’est une autre façon de voir ce sport, c’est plus global et ça va être très intéressant. Je vais pouvoir évoluer et ça me donnera peut-être une vocation pour plus tard.


- Qu’en est-il de ce projet avec Camille dont tu parlais tout à l’heure ?
- On est en train de créer un truc, on le met actuellement par écrit pour que tout se fasse le plus vite possible après le 15 août. Il consistera à essayer d’aller vers les structures, les associations pour pouvoir leur proposer une pratique sportive pour les personnes en situation de handicap. Cela fait déjà plusieurs années que je travaille avec les IME (Instituts médico-éducatifs). C’était pour le moment pas mal orienté vers le handball. Là, ce sera plus général, ça pourra concerner tous les sports. Étant éducatrices diplômées en sports adaptés, on va pouvoir proposer ce service ».


(crédit photos : O.Stephan/BBH)