BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

04.09.19 | Un succès sans s’affoler

Devant de la première à la dernière minute, le Brest Bretagne Handball a validé, face à Besançon, sa troisième victoire en autant de matches cette saison (29-25). Face au jeu atypique des Bisontines, les Rebelles ont parfois un peu pioché mais n’ont jamais paniqué et ont maîtrisé leur sujet dans sa globalité. C’est donc un carton plein en une semaine que le BBH vient de réaliser. Et après ce lancement de championnat très chargé, les quelques jours supplémentaires pour préparer Chambray ne seront pas du luxe.

Saisons après saisons, c’est toujours un peu la même chose face à Besançon. Le collectif de Raphaëlle Tervel ne vous laisse jamais en paix durant les 60 minutes de match, faisant planer une menace permanente sur son adversaire. Et même lorsque vous pensez avoir fait le plus dur, comme ce +6 pour le BBH à l’entrée de la seconde période, le chewing gum franc-comtois est toujours sous la godasse. « On n’a jamais vraiment réussi à se mettre à l’abri durant cette rencontre qu’on jugeait à notre portée, introduisait Laurent Bezeau. Mais ce que je retiens, c’est l’esprit combatif des filles. Elles ont été généreuses, ne se sont jamais affolées ou agacées ». Et il fallait bien ça pour contenir un groupe bisontin qui a failli y croire, même en faisant la course derrière du début à la fin.

« Ce qui est incroyable, c’est qu’on a des regrets après ce match, lâchait Raphaëlle Tervel. On avait 25 000 blessées et malgré tout ça, on pense que ça aurait pu passer. Il y avait certainement une clé mais on ne l’a pas trouvée ».
À Brest aussi, certaines joueuses faisaient défaut (Coralie Lassource, Bella Gulldén, Gaëlle Le Hir, Laurie Fontaine-Carretero) mais il est juste de reconnaître que les filles de l’est ont soufflé fort sur la nuque des Rebelles au cœur du second acte. Durant une dizaine de minutes, les rapprochés à -2 (jamais moins) se sont enchaînés (19-17,44e ; 21-19, 49e ; 23-21, 52e) et il a alors fallu tout le métier des Brestoises pour tenir en respect la bête franc-comtoise. « On perd sur de petits détails et l’expérience de l’autre côté était beaucoup plus importante, poursuivait Raphaëlle Tervel. Mais ça ne nous a pas empêché d’y croire ».

Notamment grâce à l’utilisation sur une cinquantaine de minutes du jeu à 7 en attaque, quelque chose de pas commun. Privée de bras sur la ligne arrière (Lévêque, Gonzalez, Kouyaté), la technicienne de l’ESBF a donc fait sortir sa gardienne très rapidement dans la partie. « On était incapables de mettre une but en jouant à armes égales, justifiait-elle. À 6, ce n’était pas concluant, à 7 ça a plutôt bien marché et on n’avait rien à perdre ». Autant d’arguments recevables mais pour le show et les grandes envolées, il allait falloir repasser. « Le 7 contre 6, c’est chiant à mourir, c’est l’anti-spectacle du handball, soufflait Laurent Bezeau, reconnaissant toutefois le choix de son homologue logique. Je remarque aussi que les équipes évoluant comme ça sont rarement celles qui gagnent à la fin ».
Le BBH aura en tout cas eu du mal à s’en dépatouiller. Souveraines en début de partie, rapidement devant (5-1, 8e), les Rebelles avaient pourtant pris leur sujet par le bon bout, s’appuyant sur une Sandra Toft époustouflante (6 arrêts en 8 minutes) et une Marta Mangué inspirée. Mais les pertes de balle et le retour bisontin allaient les forcer à remettre un coup d’accélérateur juste avant la pause pour regagner les vestiaires sur la plus grosse marge des 30 premières minutes (14-9).

Enquiquinées au cœur du second acte, les Brestoises ont pu compter sur une grosse accélération de Monika Kobylinska pour reprendre leurs aises (26-22, 56e). « On a des problèmes de riche à ce poste d’arrière droite, expliquait Laurent Bezeau. On a Ana Gros qu’on ne présente plus et qui montre un état d’esprit remarquable et il y a Monika. Depuis quelques matches, il m’arrive d’ailleurs de les associer. Monika, si on lui laisse un peu d’espace, elle sait faire la différence, c’était le cas ce soir ».
Une troisième victoire en trois matches, des recrues qui s’installent (Shenia Minevskaja est aussi à créditer d’un bon passage dans le money time), les voyants sont au vert pour un groupe qui continue à se découvrir et à se solidifier. « On est en marche, en mouvement, concluait un Laurent Bezeau satisfait. Il y a une prise de conscience de chacune de ce qu’elle doit apporter à l’équipe. Des choses sont en train de se passer ». Vivement la suite !
 
BREST – BESANÇON : 29-25 (14-9)
BREST : Toft (g.), Quiniou (g.), Mauny (2), Toublanc, Tissier (1), Gros (6), Kobylinska (6), Lagattu, Minevskaja (1), Niakaté (1), Pop-Lazic (4), Foppa, Coatanéa (3), Mangué (5). Entr. : L. Bezeau.
BESANÇON : Frank (g.), Hauge (g.), Bouquet (2), A. Frécon (5), Mairot (4), Kolczynski (1), Dupuis (5), I. Kieffer, Robert (1), Granier (3), Faure (1), Burlet (2), Nunez, Uno Jensen (1). Entr. : R. Tervel.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)