BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

03.04.18 | Et là, on les re-Bercy !

Les Brestoises ont réalisé une immense performance en faisant chuter le Metz Handball, invaincu en terre française cette saison, lors de la séance de jets de 7 mètres (23-22). Magnifiques de hargne, de combativité et portées par une Cléo Darleux titanesque, elles ont mérité leur ticket pour Bercy qu’elles reverront donc deux ans après le premier titre de l’histoire du club. Pour faire tomber les Lorraines, il fallait forcément une prestation majeure et le Brest Bretagne Handball, soutenu par un public encore une fois encore déchainé, n’a jamais été mené dans cette rencontre. Logique donc.

Le silence assourdissant suivant l’égalisation sur penalty de Zaadi à 26’ du buzzer tranchait avec les decibels que l’Arena avait crachés pendant une heure. 19-19 partout à la fin du temps réglementaire, ce n’était pas forcément payé pour un groupe brestois qui avait royalement fait la course en tête dès les premiers rebonds sur le parquet. À +2 à trois minutes du terme, ils étaient beaucoup à penser que le paquet était presque emballé. Mais Metz n’est pas champion de France et aux portes du Final Four européen pour rien. Au métier, elles avaient ainsi tout remis à plat en deux coups de cuiller à pot. Direction la séance de jets de 7 mètres. Questionné sur la crainte d’un contrecoup pour ses joueuses suite à cette égalisation, Laurent Bezeau balayait l’hypothèse : « Pas du tout parce que c’était quelque chose qu’on avait prévu. Jean-Luc Le Gall (coordinateur sportif) avait dit aux filles que ça pouvait se jouer aux penalties. J’avais de mon côté déjà anticipé les tireuses et l’ordre. Et puis, à ce moment-là, on avait vraiment la volonté de ne pas sortir de ce match vaincus. Ça aurait été une terrible injustice ».

Les yeux déjà rivés vers Bucarest où son équipe disputera un quart de finale aller de Ligue des Champions vendredi, Emmanuel Mayonnade, le coach du MHB, accusait lui le coup : « C’est la double peine pour nous. Franchement, ça ne va pas être facile de s’endormir dans le car au retour. Si on avait gagné ce match aux penalties, on aurait surfé sur la dynamique et la fatigue engendrée aurait certainement été minimisée par la qualif ». Il est en effet cohérent de se demander dans quel état physique les Messines se présenteront en Roumanie dans trois jours tant la débauche d’énergie fut incroyable de part et d’autre. C’était le prix à payer pour espérer arracher le sésame pour Bercy. « Les joueuses se connaissent par cœur alors il fallait avoir un engagement total, étayait Laurent Bezeau. Les deux équipes ont répondu présent dans ce domaine. Au début du match, il y avait quand même peut-être un peu plus de confiance du côté des Messines car cela faisait plusieurs matches qu’elles nous battaient ».

Ce petit plus dans les têtes avait en tout cas été vite effacé par des Brestoises bien entrées dans la partie (4-1, 8e ; 5-2, 16e). Si les Rebelles avaient toutes les peines du monde à faire fructifier leurs attaques, c’était encore pire côté lorrain. Empêtrées dans la défense locale et victimes d’une Cléo Darleux stratosphérique, elles allaient inscrire un but dans le jeu en 20 minutes (!). « Cléo est de dimension mondiale, acquiesçait le coach brestois. Elle a été exceptionnelle. Il ne peut de toute façon pas y avoir de grandes performances sans de grandes gardiennes. Et encore, elle était malade ces derniers jours… » Avec 24 arrêts à son actif, ça ne s’est pas vu du tout.

Mais à force de ne pas parvenir à inscrire de buts, le BBH commençait à sentir le souffle lorrain dans sa nuque. À la pause cependant, le score, identique à celui d’il y a deux ans, était sans doute un signe (8-7, 30e). La deuxième période allait davantage ressembler à un mano à mano féroce et éreintant pour les nerfs des actrices du match et des supporters en transe, avec en filigrane un duel Coatanéa-Houette (5 et 6 buts). Jamais le BBH n’aura eu plus de deux unités d’avance (9-7, 31e ; 15-13, 45e ; 19-17, 58e), subissant en permanence la menace de Messines pas vraiment affolées. « Les deux équipes se sont pas mal neutralisées, confirmait Emmanuel Mayonnade. C’était coup pour coup avec un avantage quasi-permanent pour Brest qui n’a pas volé sa qualif. Je ne sais pas par contre si Darleux a atteint la barre des 100 arrêts. Je crois qu’elle a pas trop mal accompagné son équipe sur ce match… » Le rire jaune du technicien mosellan en disait long sur le festival servi également après le repos par la gardienne du BBH.

Et même après les 60 minutes, c’est elle qui fit exploser l’Arena en stoppant les deux derniers penalties messins de Houette et Maubon alors que la série avait plutôt mal débuté pour les Brestoises (poteau de Marie Prouvensier). « Si on se qualifie ce soir, c’est grâce aux filles bien sûr mais aussi cette Arena, ce territoire qui étaient derrière nous, n’oubliait pas Laurent Bezeau. Les gens sont venus et nous ont portés. Les filles ont pu se sublimer. Maintenant, à Bercy ça va être plus dur qu’il y a deux ans mais on va y aller pour gagner un titre. En 2016, c’était inoubliable, un des plus grands moments de ma carrière. Si on pouvait renouveler cela, ce serait exceptionnel ».
Ce soir, on a droit d’y croire !

BREST – METZ : 23-22 (8-7)
BREST : Darleux (g.), Idéhn (g.), Burlet, Coatanéa (5), Copy, Manach-Le Calvé (1), Mangué (1), N’Gouan (1), Pineau (3), Pop-Lazic, Prouvensier, Sand (2), Stoiljkovic (3), Tissier (3). Jets de 7 mètres : Tissier (1), Prouvensier, Manach-Le Calvé (1), Stoiljkovic (1), Pineau (1). Entraîneur : L. Bezeau.
METZ : Rajcic (g.), Csapo (g.), Edwige, Flippes (4), Gros (3), Houette (6), Kanor, Landre (1), Luciano, Maubon, Nocandy, Sajka (2), Smits, Zaadi (3). Jets de 7 mètres : Zaadi (1), Gros (1), Sajka (1), Houette, Maubon. Entraîneur : E. Mayonnade.


(crédit photos : O.Stephan/BBH)