BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

02.04.19 | Un succès à ne pas sous-estimer

Pour clore une saison régulière dont le podium était déjà connu avant la rencontre, le Brest Bretagne Handball s’est offert une victoire de prestige aux Arènes de Metz, infligeant par la même occasion leur seule défaite en championnat aux Mosellanes. Après le faux pas samedi dernier à domicile face à Toulon et à quatre jours d’une demi-finale de Coupe de France, ce bon match assorti d’un succès était sans doute le meilleur moyen de se remettre en ordre de marche pour un groupe qui va maintenant entrer dans les instants de vérité.

Les esprits chagrins dégaineront certainement que ce match ne comportait aucun enjeu comptable. Les rabat-joies leur emboîteront sûrement le pas en précisant que cinq cadres messines manquaient à l’appel ce soir. Ceux-là, on les oubliera très vite non sans leur rappeler qu’une victoire à Metz a toujours un goût particulier et que niveau absences, le BBH a beaucoup donné cette année, et continue d’ailleurs à le faire.

Les Messines, en course avant cette rencontre, pour boucler une deuxième saison régulière d’invincibilité n’avait en tout cas pas du tout prévu de balancer cette partie. Les mots de leur coach, Emmanuel Mayonnade, à l’issue des débats ne trompaient d’ailleurs pas : « Il y a une énorme déception ! On s’était préparés pour gagner ce match-là, on n’est pas très loin au final et on aurait pu le faire je pense. On a manqué de constance, on a montré des imprécisions sur des moments importants. Je suis très déçu de nous et des périodes dans lesquels on a fait preuve de maladresse ».

Son homologue brestois savourait lui ce succès avec beaucoup de retenue mais non sans satisfaction. « Au vu de cette deuxième partie de saison et des trois secouées qu’on a avait prises face à Metz, ça fait forcément du bien, lâchait ainsi Laurent Bezeau. Metz n’était pas au complet parce qu’il y a un quart de finale de Ligue des Champions vendredi mais il faut féliciter nos joueuses qui avaient envie de gagner et ont mis les choses en place pour ça ».

Au cœur d’un exercice mouvementé, le Brest Bretagne Handball vient en tout cas de boucler sa meilleure saison régulière depuis son accessions en LFH en 2016. 18 victoires, 1 nul et 3 défaites, le bilan a de la gueule même s’il ne lui permet pas de se classer mieux qu’il y a un an. Personne n’est dupe pour autant, les choses sérieuses vont commencer dans quelques jours et il sera alors interdit de se louper. Pour le BBH, il s’agira d’une demi-finale de Coupe de France contre Celles-sur-Belle pour revoir encore Bercy en mai. Pour Metz, un quart de finale de Ligue des Champions contre Bucarest pour atteindre pour la première fois le Final Four.
Ces deux formations pourraient se retrouver en Coupe à Paris mais si tout va bien pour les Rebelles, également pour le titre de champion en finale LFH. Cela ferait pas moins de sept confrontations en une saison. Rien que ça.

La quatrième ce soir a donc accouché d’un scénario inédit en 2018/2019. Au coude à coude à la pause (18-18), les deux équipes ont vu le match se décanter à la reprise quand Marta Mangué s’est énervée et qu’Ana Gros a poursuivi sereinement son festival du jour (12 buts au total). « On a eu du mal à entrer dans les deux mi-temps en terme de course et de dynamique, regrettait Emmanuel Mayonnade. On a été trop irréguliers ».
Si le BBH, qui avait pris un peu d’avance également en première période (5-7, 10e ; 15-17, 26e), l’avait perdue à la pause, il allait cette fois tenir la baraque et ne plus être rejoint jusqu’à la fin. L’écart prenait une belle tournure dès la 40e minute (23-27) mais la résistance messine de la bondissante Kanor laissait planer le danger (27-29, 49e).

Il fallait alors une meilleure gestion et un lob raté de Nocandy sur penalty dans le money time pour accorder la victoire aux Brestoises. « En deuxième, on a montré beaucoup de maîtrise en attaque, poursuivait Laurent Bezeau. En défense, c’était un peu plus compliqué, on a été traversés par la vitesse de Nocandy, Niombla et Kanor. Mais malgré tout, on ne s’est jamais affolés, c’est ça qui a été intéressant. On a fait preuve de maturité et de sérénité, même quand Metz est revenu ».

Ces signaux positifs renvoyés par l’équipe seront sûrement de très bons outils de travail pour les prochaines échéances capitales qui attendent maintenant les Rebelles, à commencer par la demi-finale de Coupe de France samedi (19h25) à la Brest Arena. « On sait comment ça se passe, si tu gagnes t’es en finale même si tu joues mal, concluait Laurent Bezeau. Celles n’aura rien à perdre, c’est une équipe de D2 qui joue bien au ballon. J’aime beaucoup ce club qui est encore en course pour monter. Si on n’est pas capables d’être à la hauteur de l’événement, ça pourrait être un match emmerdant pour nous ».
Chaque chose en son temps, il serait dommage de ne pas savourer ne serait-ce qu’un peu ce succès de prestige chez le champion de France en titre.

METZ – BREST : 33-36 (18-18)
METZ : Glauser (g., 1), Kapitanovic (g.), Gautschi (1), N’Gouan (3), Nocandy (4), Houette (6), Levsha, O. Kanor (7), Zych (4), L. Kanor (1), Kieffer, Nooitmeer (2), Niombla (4), Le Blévec. Entraîneur : E. Mayonnade.
BREST : Idéhn (g.), Quiniou (g.), Mauny (1), Tissier, Gros (12), Copy (3), Jarrige, Prouvensier (4), Pop-Lazic (2), Stoiljkovic (1), Bak (3), Coatanéa (1), Limal (4), Mangué (5). Entraîneur : L. Bezeau.


(crédits photos : Arnaud Scherer et Cedosa)