BREST Bretagne Handball : le club de handball féminin de la pointe de Bretagne.

BREST Bretagne HANDBALL

02.02.19 | La même chanson

Un mois après une énorme gifle reçue en championnat face à Metz, les Brestoises ont à nouveau dû s’incliner dans les grandes largeurs face aux Lorraines en Ligue des Champions (21-32). Privées de Cléopatre Darleux, exclue après 20 minutes de jeu seulement, les Rebelles ont pris un sévère éclat avant la pause et n’ont jamais pu inverser la tendance après le repos. Le BBH va donc à nouveau devoir se remobiliser pour repartir de l’avant car les échéances vont s’enchaîner à vitesse grand V avec dès mercredi, un déplacement périlleux à Nantes.

Emmanuel Mayonnade avait beau affirmer, peut-être à raison, que « les contenus étaient bien différents », il y a vaguement eu comme un air de rediffusion ce samedi à l’Arena entre Brest et Metz. Si les proportions de la défaite subie face aux championnes de France n’ont pas égalé celles en LFH un mois auparavant, beaucoup y ont tout de même vu des similitudes. « Il y a de la frustration et de la déception, maugréait ainsi Laurent Bezeau. Perdre contre Metz n’est pas infamant mais l’écart est d’une telle ampleur que dans cette situation, tu es très malheureux ».

Avant cette opposition sur la scène européenne entre les deux cadors du handball hexagonal, il était évident que face à des Messines d’une régularité implacable depuis le début de la saison, tout allait dépendre des Brestoises. « Ce n’est jamais simple de rejouer la même équipe deux fois à un mois d’intervalle, expliquait Emmanuel Mayonnade. L’enjeu pour nous était de faire ce qu’on savait faire, d’imaginer un ou deux scénarios et de ne pas paniquer ».

Comme lorsque le BBH se mit à enflammer l’Arena au milieu de la première période en enfilant cinq buts d’un coup pour mettre son adversaire à distance raisonnable (6-3, 14e). Ce pic de forme finistérien ne semblait pas perturber outre mesure le collectif lorrain qui à son tour infligeait un 6-0 à ses hôtes (6-9, 20e). Il n’y avait alors pas de drame pour les Rebelles qui avaient tout le temps de s’en remettre. Mais un fait de jeu allait venir accélérer la chute des locales. Sortie loin de ses buts pour intercepter un ballon de relance, Cléo Darleux touchait Maubon, faisant voir rouge direct aux deux arbitres lituaniennes. La stupeur du public s’accompagnait alors d’une terrible échappée de Metz Handball qui finissait la première période sur un +7 déjà dévastateur (9-16, 30e).

« Oui, bien sûr, l’expulsion de Darleux est un tournant du match, reconnaissait Emmanuel Mayonnade. C’est évident que dans le nombre de buts qu’on met par la suite, le changement de gardienne y est pour beaucoup. Mais j’ai aussi dit aux filles à la mi-temps qu’indépendamment de notre capacité à mettre des buts, il fallait qu’on arrive à bien défendre et à courir ». Consigne appliquée à la lettre par les Messines qui en remettaient une couche après le repos, bien assises sur une défense intransigeante et des contre-attaques éclairs. L’écart enflait pour atteindre une première fois les douze unités dès la 42e minute (12-24). Il n’y avait plus qu’une chose alors à faire pour les Brestoises : se battre jusqu’au bout pour limiter les dégats. Chose faite sous les encouragements d’un public encore une fois impeccable (3 555 spectateurs) et ravi de voir le retour aux affaires d’Amandine Tissier dont la sclérose en plaques avait été rendue publique il y a tout juste un mois.

« On est un peu abattues forcément, lâchait Allison Pineau. C’est un peu le même scénario que la dernière fois. L’écart se fait en première période et après on sait que c’est difficile. Ce qui est très dur, c’est encore cet écart à domicile. Le carton rouge de Cléo est un fait mais il ne faut pas toujours se trouver des excuses et on était à domicile, on devait réagir ».
Avec ce deuxième large succès en un mois face à l’autre place forte française, les Messines ont en tout cas marqué un peu plus leur territoire mais le coach Emmanuel Mayonnade tenait aussi à calmer l’euphorie : « Il reste tant d’oppositions contre Brest que fanfaronner aujourd’hui n’aurait aucun sens. Ce n’est pas là que la saison se joue. Et je le répète, il n’y a pas plus de rivalité entre Metz et le BBH qu’avec les autres ».

Du côté de Laurent Bezeau, il y avait davantage d’interrogations : « Pourquoi on est incapables de les embêter ? C’est la question. Les Messines sont des cannibales, elles mangent tout le monde et ensuite il se dégage forcément une forte confiance. Nous on est peut-être dans une période de doute et plutôt que de se battre les uns contre les autres, on doit s’unir pour se battre contre les autres ».
Un théorème qu’il faudra vite mettre en application car les événements vont maintenant s’enchaîner incroyablement vite. Dès mercredi, les Brestoises seront ainsi à Nantes avant de prendre la direction du Monténégro pour y affronter Buducnost. De quoi ne pas trop cogiter !

BREST – METZ : 21-32 (9-16)
BREST : Darleux (g.), Idéhn (g.), Mauny (2), Toublanc (2), Tissier (2), Gros (5), Pineau (7), Copy (1), Prouvensier, Pop-Lazic, Stoiljkovic (1), Bak, Le Hir, Coatanéa (1), Limal, Mangué. Entraîneur : L. Bezeau.
METZ : Glauser (g.), Kapitanovic (g.), Edwige (2), Zaadi (7), Flippes (4), N’Gouan (3), Nocandy, Houette (1), Levsha, O. Kanor (2), Zych (2), Smits (3), Maubon (5), Niombla (3), Le Blévec, Di Rocco. Entraîneur : E. Mayonnade. 


(crédit photos : O.Stephan/BBH)